Du 22 au 24 avril, je me suis rendu en Isère et dans les Hautes-Alpes en tant que président de la mission d’information sur la loi montagne et la loi littoral. J’étais accompagné du rapporteur Jean-Michel Arnaud, sénateur (union centriste) des Hautes-Alpes et de la sénatrice Jocelyne Antoine (UC), également membre de cette mission d’information dont le but est de mettre à jour ces deux lois importantes de 1985 et 1986 visant à protéger nos territoires fragiles.

Intervenant après une vingtaine d’auditions au Sénat, ce déplacement nous a permis d’aller à la rencontre des élu•es et habitant•es confronté•es à ces spécificités territoriales. Nous avons débuté notre déplacement au lycée Lesdiguères de Grenoble, en échangeant avec le recteur et le DASEN de l’académie de Grenoble sur les fermetures de classes, qui pose des problèmes particuliers en montagne, étant donné les distances plus importantes et le climat rigoureux l’hiver pour nos enfants devant se rendre dans un autre établissement situé parfois à des dizaines de kilomètres.
Nous nous sommes ensuite rendus à La Morte pour échanger avec élu•es et associations autour des enjeux des stations de ski de moyenne montagne. Cette station a en effet failli fermer en 2024, avant d’être sauvée in extremis les deux derniers hivers. Le réchauffement climatique continue cependant de menacer fortement l’enneigement et toute l’économie locale qui en dépend. Nous avons enchaîné avec un déplacement à Bourg-d’Oisans, autour des mêmes enjeux de tourisme de sport d’hiver, mais aussi de mobilités et d’industrie en montagne. La transition vers une économie de montagne plus résiliente passe en effet impérativement par la diversification.

Enfin, nous avons terminé notre périple isérois à Saint-Christophe-en-Oisans, où nous avons visité le hameau de la Bérarde, détruit en 2024 par un éboulement majeur et qui ne pourra être reconstruit en raison des risques pour les populations. Si aucun mort n’est heureusement à déplorer grâce au professionnalisme des services de sécurité civile, il est impératif de mieux prendre en compte le réchauffement climatique et ses impacts sur les risques naturels, notamment en adaptant notre code de l’urbanisme.
Après l’Isère, nous sommes allés à La Grave (Hautes-Alpes) pour évoquer la protection des glaciers, sujet qui me tient particulièrement à cœur. J’avais d’ailleurs interrogé le gouvernement en 2023 sur l’absurdité d’un projet de remontée mécanique sur le glacier de la Girose, qui aurait eu des impacts destructeurs sur l’environnement et dont l’intérêt économique apparaissait très douteux. Nous avons ensuite rencontré de nombreux•ses élu•es des Hautes-Alpes à Briançon.

Enfin, nous avons effectué un déplacement au lac de Serre-Ponçon, afin d’interroger les enjeux liés à la superposition entre loi Montagne et loi Littoral, qui peuvent poser des problèmes réglementaires aux élu•es. Là encore, les défis sont nombreux : éviter la désertification des villages, la fermeture des stations de ski et les tensions sociales, tout en préservant l’environnement.
Les déplacements sur le terrain sont indispensables pour nourrir un rapport ancré dans le réel. Ils permettent aussi de mettre en lumière des territoires souvent invisibilisés qui sont pourtant souvent des exemples en matière d’imagination et d’innovation. C’est pourquoi nous nous rendrons prochainement en Bretagne et dans le Pas-de-Calais, pour aborder notamment les questions liées au recul du trait de côte (en raison de la montée du niveau de la mer entraîné par le changement climatique) et aux inondations. En parallèle, nous continuons nos auditions avec un programme chargé. Enfin, nous rendrons notre rapport début juillet, avec des préconisations d’évolutions législatives pour ces deux lois importantes.
