Le 8 février, aux côtés de plusieurs dizaines d’élus locaux, je me suis rendu au rassemblement en soutien à Philippe Cardon, maire de Meylan, au tribunal administratif de Grenoble. Le maire est en effet en conflit avec la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, qui souhaite construire une église d’environ 300 places sur sa commune. Or, cette organisation est une congrégation intégriste et d’extrême-droite, qui affirme ouvertement son hostilité aux valeurs républicaines. Ainsi, elle a par exemple organisé, dans le cadre d’une levée de fonds, une conférence au titre évocateur : « Les droits de l’homme : pourquoi et comment les combattre ? »… Cette « Fraternité » est également proche de Civitas, un mouvement catholique intégriste et nationaliste qui souhaite « rechristianiser la France » et revendique l’héritage de Charles Mauras, un idéologue royaliste et antisémite des années 1930. Elle a également protégé Paul Touvier, un fonctionnaire vichyste, jusqu’à son arrestation en 1989.

On comprend donc que le maire de Meylan s’oppose à l’installation d’une telle structure sur sa commune, à la fois en raison des valeurs nauséabondes portées par cette structure et pour les risques en matière de sécurité que cela représente. Selon lui, « les valeurs sur lesquelles s’est construite la ville de Meylan sont bien différentes des messages extrémistes, intolérants et violents portés par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X » (journal municipal de Meylan, avril 2021). Des propos pour lesquels l’édile a été attaqué pour diffamation, la congrégation lui demandant 135.000 euros de dommages et intérêts. C’est dans ce cadre qu’a eu lieu le rassemblement républicain devant le tribunal de Grenoble, dont le délibéré sera rendu le 29 mars prochain.

Devant le tribunal, une foule compacte pour défendre nos valeurs républicaines.

Face au danger que représente cette organisation ouvertement anti-républicaine, j’ai alerté à plusieurs reprises le Premier ministre, notamment en lui demandant de déclencher une enquête. Neuf autres parlementaires de l’Isère sont également intervenus pour s’opposer à ce projet. Malgré ces mises en garde, le gouvernement et la préfecture de l’Isère n’ont pas montré beaucoup d’intérêt pour ce dossier. Cette passivité est incompréhensible, surtout lorsqu’on la compare à l’action extrêmement ferme et rapide du Ministre de l’Intérieur, par ailleurs totalement justifiée, contre un projet d’école coranique à Albertville.

Le rassemblement républicain de ce 8 février, qui fait suite au soutien unanime du maire de Meylan par son conseil municipal et à celui du conseil métropolitain, était donc l’occasion de réaffirmer notre opposition aux idées nauséabondes de l’extrême-droite et de l’intégrisme religieux. La liberté d’expression, la laïcité, les droits de l’homme et plus largement les valeurs républicaines ne sont pas seulement des slogans, mais bien des principes à défendre constamment, au-delà des clivages politiques.