A la suite de la manifestation néo-nazie organisée à Lyon le 21 février en hommage à Quentin Deranque, et alors que les digues tombent les unes après les autres face au fascisme qui menace notre République, j’ai posé une question au Premier ministre lors des questions au gouvernement ce mercredi 25 février 2026. Si la violence doit être combattue d’où qu’elle vienne et que la mort de ce jeune militant nationaliste est inacceptable, son instrumentalisation pour réhabiliter les idées d’extrême droite et accuser la gauche de commettre des violences l’est tout autant.
Vous pouvez retrouver ma question en vidéo et sous format texte ci-dessous :
Monsieur le Premier ministre,
Le 15 mai 1945, ici même, le général de Gaulle prononçait ses premiers mots après la victoire contre le nazisme.
Samedi, tout ce que la France compte de groupuscules néo-nazis et néo-fascistes a défilé au grand jour, laissant échapper, malgré tous leurs efforts de dissimulation, leur adoration du Reich et leur haine de la différence.
Une facho pride autorisée par la République, encadrée par sa police.
Peu avant, le Parlement et la Région AURA, avec un masochisme incompréhensible, ont rendu hommage à un ennemi de la République.
Votre ministre en charge de la lutte contre les discriminations cite Charles Maurras sans sourciller.
La candidate du socle commun à Marseille fait sienne la devise pétainiste du régime de Vichy.
Le président du parti qui se nomme pourtant « Républicain » dénonce « les dérives de l’Etat de droit ».
Le Rassemblement national n’a qu’à attendre son heure pour achever la République.
Depuis le meurtre odieux de Quentin Deranque, un glissement s’opère. Une perte totale de repères pour certains, un vernis de respectabilité qui craque pour d’autres.
Profitant de l’émotion légitime suscitée par ce crime, une stratégie de victimisation s’orchestre sous nos yeux pour créer une figure de martyre à même d’autoriser les pires vilenies, les pires références.
Pour laisser le poison fasciste se répandre, on dénonce à grand cri les rares effets secondaires regrettables de l’antidote antifasciste.
L’inversion des valeurs, la banalisation de l’extrême droite à l’œuvre depuis de longues années dans les démocraties occidentales atteignent aujourd’hui dans notre pays un point de bascule.
Des années 30 en Europe au temps présent aux États-Unis, le chemin est connu, la funeste destination aussi.
Monsieur le Premier ministre, chers collègues, deux choix sont devant nous : le sursaut républicain et gaulliste ou le précipice fasciste. Le moment ne souffre d’aucune ambiguïté. Ne faisons pas bégayer l’Histoire.
