Le 15 mars dernier, j’ai eu l’occasion de visiter l’entreprise ROSI Solar à Saint-Honoré aux côtés de son directeur général, Antoine Chalaux avec qui j’ai déjeuné au restaurant « Le plateau » gérée par l’Afiph Isère à Susville. L’AFIPH (Association Familiale de l’Isère pour Personnes Handicapées) accompagne plus de 12000 personnes en situation de handicap et leurs familles vers l’emploi et l’insertion professionnelle.
Nous avons ensuite visité l’usine Rosi Solar, premier site de recyclage de panneaux photovoltaïques en France. Les panneaux photovoltaïques ont une durée de vie moyenne de 20 à 30 ans et les volumes à recycler vont fortement augmenter dans les prochaines années. Pourtant, en Europe, une grande partie des panneaux en fin de vie est encore broyée ou exportée illégalement hors du continent. Le site de ROSI Solar à Saint-Honoré est une première en France. Il récupère l’ensemble de leurs composants: verre, cuivre, argent et silicium sont séparés et réintroduits dans différentes filières industrielles européennes, notamment dans l’électronique, la chimie ou le secteur médical.
Aujourd’hui, 20 % du métal argent mondial est utilisé pour l’industrie du photovoltaïque. Une véritable opportunité de matière à recycler. Ce sont 3.000 tonnes de panneaux par an sont recyclés dans cette usine, soit environ 150 000 panneaux. L’entreprise a notamment bénéficié du soutien du plan France Relance, qui a permis d’accompagner son développement après la crise du Covid.
Forte de cette dynamique, ROSI Solar ambitionne maintenant de créer une dizaine d’usines en Europe dans les dix prochaines années, notamment en Espagne et en Allemagne, afin de répondre à l’augmentation des panneaux photovoltaïques arrivés en fin de vie.
Pour aider cette filière en plein essor, il est essentiel de renforcer les moyens des services de l’Etat comme la DREAL pour fluidifier l’instruction des dossiers et des demandes d’autorisations. Une nouvelle catégorie d’ICPE pour les entreprises de traitement de déchets pourrait également être envisagée pour adapter le cadre réglementaire aux activités spécifiques de pyrolyse. Le développement de ces solutions industrielles est essentiel pour structurer une véritable économie circulaire du photovoltaïque en Europe et renforcer notre souveraineté énergétique.
