Le 1er mai n’est pas un simple jour férié. C’est une conquête sociale issue de plus d’un siècle de luttes ouvrières. Depuis plus de 140 ans, ce jour est un temps libéré du travail, collectif, pour revendiquer, se rassembler, célébrer et défendre nos droits.
Aujourd’hui, cet acquis est menacé. Ces dernières semaines, Laurent Wauquiez et Gabriel Attal ont soutenu une proposition de loi visant à élargir la possibilité de faire travailler ses salarié•es le 1er mai à de nouveaux secteurs, tel que fleuristes, boulangerie… Ce texte aurait concerné jusqu’à 1,5 million de salarié·es supplémentaires, remettant en cause le seul jour férié obligatoirement chômé et payé en France.
Face à la mobilisation syndicale, le gouvernement a reculé, avant de proposer un autre texte, centré sur les fleuristes et les boulangeries artisanales. Mais ce texte flou permettra aux grandes chaînes de boulangerie d’ouvrir et le “volontariat” des salariés est loin d’être réel, tant la pression des patrons et les difficultés financières les forceront à accepter. Derrière l’argument du volontariat nous savons très bien les dynamiques de pouvoir qui peuvent s’exercer, et le choix contraint de travailler si les patrons le demandent. Surtout, nous craignons un élargissement progressif, comme pour le travail le dimanche.
Avec les syndicats, les groupes de gauche du Sénat se sont donc pleinement mobilisés pour bloquer ce texte. Nous avons déposé de très nombreux amendements et pris la parole à de nombreuses reprises afin de ralentir les débats et de marteler notre opposition. J’ai notamment rappelé que de très nombreux secteurs professionnels et corps de métier ont des raisons de se mobiliser, le 1er mai et le reste de l’année, pour faire valoir leurs droits et leurs revendications.
Sur un ton plus décalé, et en prenant l’exemple de la foire de Mens, j’ai rappelé que de nombreuses foires de village et fêtes populaires profitent du jour férié du 1er mai pour être organisées lorsque le maximum de bénévoles et d’habitants sont libres.
Malheureusement, notre opposition n’a pas suffi et la droite sénatoriale a fini par faire adopter ce texte. La bataille se poursuivra à l’Assemblée nationale pour défendre bien plus qu’un jour férié, une certaine idée du travail et du progrès social. Le 1er mai est une date importante, en France mais également dans le monde. Y toucher, même à la marge, c’est ouvrir une brèche.
