Aujourd’hui en France, plusieurs milliers de personnes étrangères se heurtent chaque jour à de nombreuses difficultés, administratives et juridiques, les empêchant de pouvoir exercer un emploi ou de poursuivre leur activité professionnelle déjà en cours : perte de titres de séjour et des cartes européennes, impossibilité de renouveler leur titre dans les délais légaux, impossibilité d’obtenir de manière systématique une autorisation de travail lors de la délivrance des récépissés, impossibilité d’obtenir un rendez-vous en Préfecture…

Les conséquences pour les personnes concernées sont dramatiques : perte de travail, perte de ressources et perte de droits, impossibilité de pouvoir accéder à un logement… De nombreux employeurs se retrouvent eux aussi en difficulté : impossibilité de poursuivre leur collaboration avec leur salarié-e, déstabilisation des équipes, mise en péril de la poursuite de leurs activités, incapacité à se projeter dans les projets à venir…

Pour lever les blocages qui se posent et ouvrir des perspectives tant pour les personnes étrangères concernées que pour les employeurs, j’ai organisé un colloque au Sénat le 19 janvier 2026. Celui-ci s’articulait autour des questions suivantes :

Quels sont les obstacles juridiques et administratifs auxquels se heurtent aujourd’hui les personnes étrangères souhaitant exercer ou poursuivre une activité professionnelle ?

Comment structurer une politique publique incitative et protectrice, garantissant un accès effectif au droit au travail pour les personnes étrangères ?

En ce sens, comment accentuer la collaboration avec les différents acteurs économiques?

Je suis très heureux du succès rencontré par ce colloque, dont la salle était comble pour cette journée riche en échanges, partages d’expériences et de pratiques.
Lors de la première table ronde nous sommes revenu-es sur les nombreux obstacles juridiques et administratifs auxquels se heurtent aujourd’hui les personnes étrangères souhaitant exercer une activité professionnelle en France les actions essentielles des associations et des collectivités en soutien les perspectives d’évolution, notamment législatives. Les intervenant-es étaient : Myriam Laidouni, conseillère régionale EELV, vice-présidente de l’ANVITA, Mohamed Fofana, représentant du collectif des livreurs à vélo de Grenoble, Tarek Daher, délégué général d’Emmaüs France, Harmonie Lecerf Meunier, adjointe au maire de la Ville de Bordeaux et vice-présidente de l’ANVITA, Anne Villegier, coordinatrice de la CISEM et Serge Slama, professeur de droit public à l’Université Grenoble Alpes.

Nous avons poursuivi avec une seconde table ronde autour des politiques publiques à mener et des initiatives à poursuivre pour favoriser l’accès au travail, avec Flora Vidal Marron, fondatrice et présidente de Weavers France, Tania Racho, docteure en droit européen, chercheuse associée à l’Université Paris-Saclay et juge assesseure à la CNDA, Léa Balage El Mariky, députée écologiste de Paris, Simla Ramphul, chargée de projet chez En Act, Jean-Marie Cézian, délégué général de la FEDESAP Isère.

Nous avons clôturé la journée par la projection du film-documentaire TERO LOKO: cultiver l’accueil, en présence de sa réalisatrice Isalia Petmezakis, suivie d’un échange avec Alex Brichet-Billet, maire de Notre-Dame-de-l’Osier, Adéline Rony, cofondatrice de TERO LOKO, Atef Suliman, ancien salarié, et Léa Enon-Baron, directrice de l’ANVITA.

Malgré un constat alarmant concernant la précarisation, des travailleurs•ses étranger•es, qui découle directement des politiques d’exclusion menées par le gouvernement, avec notamment le soutien de la droit sénatoriale, ce colloque a permis de dégager plusieurs pistes de travail pour une politique inclusive et émancipatrice, pour toute et tous:

-Un accès au travail inconditionnel

-Le soutien et la généralisation de projets locaux d’insertion et d’inclusion, à l’image de TERO LOKO

-La création d’un titre de séjour unique, plus lisible et plus sécurisant

-Le renouvellement automatique des titres de séjour pluriannuels et des cartes de résident. Sauf décision contraire motivée de l’administration, le renouvellement soit automatique à l’expiration du titre, sans qu’il soit nécessaire de fournir à nouveau tous les justificatifs, dès lors que la situation du titulaire n’a pas changé de manière significative

Je tiens à remercier l’ensemble des personnes qui ont permis ces moments d’échanges notamment les intervenant.es ainsi que les 110 personnes présentes!