A peine cette nouvelle année commençait-elle que Donald Trump a réalisé un nouveau coup de force en dehors du droit international : l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro. Sous couvert de narcotrafic, les Etats-Unis cherchent en réalité à mettre la main sur les premières réserves mondiales de pétrole dont dispose ce pays, comme l’a reconnu le Président américain. J’ai donc pris la parole au nom du groupe écologiste du Sénat pour dénoncer cette action et plus encore la réaction de soumission qu’a eu Emmanuel Macron.
J’ai interpellé le Premier ministre sur ce sujet et l’ai appelé à prendre des mesures fortes pour stopper Trump, notamment en renforçant notre indépendance militaire, numérique et énergétique, ainsi qu’à une nouvelle donne diplomatique, en affirmant clairement que le Groenland ne peut être capturé par la force et à renouer des liens avec le Sud global. Vous trouverez mon intervention en vidéo et en format texte ci-dessous :
Monsieur le Premier ministre,
Peut-on rester faibles face à la brutalité et à la loi du plus fort ?
Peut-on se taire quand le droit international est piétiné ?
Peut-on détourner le regard face au pillage des empires prédateurs ?
Aujourd’hui, la France et une majorité de pays européens ont baissé les yeux.
Baissé les yeux par lâcheté.
Comme on baisse les yeux face au petit caïd qui humilie et terrorise.
Un seul dirigeant européen, le Premier ministre espagnol, a osé rappeler l’essentiel : la justice et le droit.
Après Gaza, après le Liban, après la Syrie, après l’Iran.
Dans quelle dystopie sommes-nous entrés pour que la défense la plus élémentaire du droit international devienne l’exception ?
Monsieur le Premier ministre, quand Donald Trump viole la souveraineté du Venezuela pour s’emparer de son pétrole, et menace désormais d’annexer le Groenland, territoire européen, territoire de l’OTAN, notre silence est une autorisation.
Deux choix s’offrent à nous :
- Soit nous affirmons collectivement notre force.
- Soit nous disparaitrons.
Renforcer nos armées nationales ne suffira pas.
Il faut une réponse européenne.
Une réponse militaire coordonnée, en renforçant le pilier européen de l’OTAN et en soutenant l’Ukraine notamment via la mobilisation des avoirs russes.
Une réponse politique, en accélérant notre intégration continentale et en tenant le prochain Conseil européen à Nuuk, au Groenland, pour dire clairement : ce territoire n’est pas négociable.
Une réponse diplomatique, en bâtissant un nouveau multilatéralisme, un nouveau Bandung, avec les pays du Sud qui refusent l’ordre impérial et loi du plus fort.
Une réponse économique, en bâtissant notre souveraineté :
– Souveraineté énergétique, par les renouvelables, sans dépendre des hydrocarbures de Trump et de Poutine.
– Souveraineté numérique, en bannissant du continent les plateformes qui propagent la haine et la désinformation au service des puissants.
Monsieur le Premier ministre, la France et l’Europe en ont les moyens et le devoir. Agissez.
Crédit photo en une : Stas_kamensk
