La mort de Quentin Deranque est un drame. La violence politique est la négation de la République, la négation de la démocratie. Personne ne devrait mourir pour des idées, fussent-elles condamnables par la loi.

A la famille de Quentin Deranque et à ses amis et à ses proches je renouvelle mes condoléances et leur apporte ma compassion dans cette douloureuse période de deuil.

Mais porter le deuil et rendre hommage sont deux choses tout à fait distinctes.

La République et donc l’Assemblée nationale et le Sénat ne devraient pas rendre hommage à un militant néo-nazi dont les convictions sont antithétiques avec les valeurs de la République que sont la Liberté, l’Egalite et la Fraternité, dont le projet politique est la destruction même de la République.

Les collaborateurs du régime nazi, même d’anciens héros de guerre comme Philippe Pétain ont été démis de tous les honneurs civils et militaires que la République leur avait accordés. Ils ont terminé leur vie dans la honte.

Célébrer la mémoire d’un nationaliste est une faute morale autant que politique qui dit beaucoup du glissement à l’œuvre de la France qui plonge chaque jour vers la peste brune. Je n’ai donc pas assisté à l’hommage prononcé mercredi par le président du Sénat Gérard Larcher. Hommage prononcé dans la même enceinte que celle, où le 15 mai 1945, le général De Gaulle s’est pour la première fois exprimé après la victoire définitive contre le nazisme. 

Je déplore par ailleurs que Gérard Larcher, qui a fixé des règles strictes s’agissant des hommages publics qu’il réserve aux victimes du terrorisme et aux victimes innocentes du narcotrafic, ait dérogé aussi facilement à sa propre règle. Il ne le fait pas pour les victimes du racisme, de l’homophobie ou du masculinisme.

Quentin Deranque n’est pas un martyr. Il est mort de la violence politique dont lui et ses camarades d’extrême droite sont les principaux instigateurs.

Quentin Deranque était un ennemi de la République. La République n’a pas à lui rendre hommage. J’ai refusé de lui rendre hommage.