Le train est un mode de transport particulièrement écologique : il consomme six fois moins d’énergie et émet neuf fois moins de CO2 que le transport routier. Pourtant, notre réseau ferroviaire se détériore, conséquence des sous-investissements de l’État. Nous sommes d’ailleurs l’un des pays d’Europe qui investit le moins dans ses trains.

Source : Allianz Pro Schiene

L’exemple des trains de nuit démontre parfaitement le désengagement de l’État dans ces infrastructures. En effet, malgré les déclarations successives de membres du gouvernement depuis plusieurs années, se targuant de vouloir relancer cette forme de mobilité, nous pouvons observer un manque flagrant d’actions concrètes, voire même un recul sur cette question.

J’ai eu la chance de participer à un colloque sur ce sujet à l’Assemblée nationale le 18 février. Cette journée, organisée par le député Christophe Proença et la députée Valérie Rossi, a été l’occasion de revenir sur un constat : le gouvernement abandonne le bien commun que constitue notre réseau ferroviaire, alors même qu’il permet une mobilité durable et moins polluante, rendant possible une véritable transition écologique, qui est une urgence et une priorité.

Ces trains de nuit, comme la ligne Paris–Berlin–Vienne supprimée en décembre dernier (je m’étais alors rendu à la mobilisation des syndicats de cheminots à la gare de l’Est à Paris), affichent un taux de remplissage de plus de 70 %, répondant ainsi à une réelle demande. Ces réseaux méritent une véritable réhabilitation sur notre territoire, mais aussi au niveau international. Supprimer ces lignes est une erreur politique et un abandon écologique.

L’association « Objectif train de nuit », par exemple, formule des propositions en accord avec les réalités concrètes de notre réseau ferroviaire. Les flux de fret et de voyageurs à faible volume quotidien ne peuvent garantir, individuellement, la viabilité économique de leur transport par rail. C’est pourquoi elle propose de les regrouper dans un même convoi sur des axes pertinents afin de les rendre viables, dans l’objectif de décarboner les transports de fret et de voyageurs tout en réduisant leur consommation d’énergie.

Je suis personnellement particulièrement mobilisé sur la ligne Paris-Briançon, qui traverse l’Isère et qui subit régulièrement des annulations de trains en raison de l’état déplorable du réseau, alors même que notre territoire a besoin de ces itinéraires alternatifs.

La loi-cadre sur les transports, qui sera discutée au printemps, sera l’occasion de débattre enfin des financements alloués au transport ferroviaire, alors qu’un mur d’investissement se profile pour maintenir et développer notre réseau, largement délaissé à l’exception du TGV ces dernières décennies. Si je partage une des propositions de ce texte, à savoir le fléchage des bénéfices des concessions autoroutières vers le ferroviaire, j’aurai souhaité que ces concessions soient renationalisées. 

Plus largement, ces montants resteront malheureusement insuffisants face aux besoins, notamment pour développer les RER métropolitains promis par le Président de la République. Le groupe écologiste du Sénat se mobilisera pour faire connaître ses demandes et ses propositions, afin d’aboutir enfin à un calendrier clair et à un véritable engagement de l’Etat pour un service public ferroviaire digne de ce nom.

Crédit photo en une : Osman Rana