Droit de vote, droit à la contraception et à l’avortement, égalité professionnelle, lutte contre les violences sexistes et sexuelles… Ces droits ont été arrachés par les militantes et les associations féministes. Les élections municipales 2026 ont encore une fois montré que, dans un monde pensé par et pour les hommes, les femmes élues restent encore minoritaires.

Selon le répertoire national des élu-es, 48,2 % des conseiller•es municipaux sont désormais des femmes, contre 42,4 % après les élections municipales de 2020. Une avancée notable permise notamment par la généralisation de la parité sur toutes les listes, y compris dans les communes de moins de 1000 habitants, où existait précédemment le panachage. Une réforme que j’ai soutenu lors de son passage au Sénat et qui a eu un effet très net : dans ces petites communes, les femmes occupent désormais 52% des places dans les conseils municipaux contre 37% en 2020 !

Si la parité est presque atteinte au niveau des conseils municipaux, les inégalités persistent sur les fonctions exécutives. Ainsi, les femmes sont seulement 23% à occuper la fonction de maire, et seulement 8 ont été élues maires parmi les 42 villes de plus 100 000 habitants cette année.

Au Sénat et à l’Assemblée nationale, les femmes occupent seulement 36% des sièges. Comme le relève l’observatoire des inégalités dans son rapport du 1er août 2024 , «la part de femmes à l’Assemblée nationale a baissé de 2,7 points entre 2017 et 2024. Cette évolution est due en partie à la progression du Rassemblement national, parti qui compte la part d’élues la plus faible. »

Plus largement, les femmes élues paient souvent leur engagement au prix fort. Elles sont confrontées à des stéréotypes de genre et à des attitudes sexistes qui cherchent encore trop souvent à les discréditer. Elles sont interrompues dans leur discours, jugées sur leur apparence, interrogées sur leur vie privée, questionnées sur leur âge, spoliées de leurs idées, cyberharcelées et même parfois agressées puis silenciées.

Les violences de genre en politique et le manque de représentativité façonnent les politiques publiques. La démocratie paie le prix fort de ces inégalités. Partout où l’extrême droite progresse, les droits des femmes et des minorités de genre reculent, y compris dans nos communes.

Pourtant, à l’échelle communale et intercommunale notamment, nous pouvons agir pour renverser la table : en appliquant de manière stricte de l’égalité salariale dans les emplois municipaux, en assurant la transparence des rémunérations et indemnités, en facilitant la conciliation vie privée/vie professionnelle en adaptant les horaires de travail pour les agent-es municipaux et les élues, en mettant en place un congé menstruel et hormonal, en prenant en charge les gardes d’enfants lors des conseils municipaux, en créant des procédures efficaces de signalement et de traitement des VSS et des discriminations, en incluant les associations féministes dans les groupes de travail municipaux…

Les élu•es locaux ont le pouvoir de promouvoir et faire avancer les droits des femmes et des minorités de genre dans leur commune: garantir un accès prioritaire aux mères isolées dans le parc social, promouvoir des campagnes de sensibilisation locales sur l’égalité, faciliter l’accès aux soins pour les femmes et minorité de genre, soutenir les associations féministes, former les professionnels de la jeunesse au repérage des violences sexistes et sexuelles, mobiliser des logements communaux pour l’hébergement d’urgence des femmes victimes de violences…

Partout, au Sénat comme en mairie, soyons à la hauteur. 

Crédits photos en une : Yves Tennevin