Au début du mois, le sénateur Les Républicains Laurent Duplomb a déposé une nouvelle proposition de loi visant à réautoriser deux pesticides : le flupyradifurone et l’acétamipride, deux insecticides de la famille des néonicotinoïdes (NNI) aujourd’hui interdits et délétères pour notre santé et notre environnement. Ces substances pourraient alors être à nouveau employées sur les betteraves à sucre, les noisettes, les pommes et les cerises.
La première loi Duplomb, adoptée l’an dernier, était largement contestée, par la science d’abord mais aussi par une large partie de la population, comme en atteste le succès historique de la pétition citoyenne lancée contre celle-ci (2,1 millions de signatures recueillies cet été). Les Françaises et les Français se montrent en effet vivement préoccupé-es face aux conséquences sanitaires et environnementales de l’usage des produits phytosanitaires en agriculture.
Dans la première version de la loi, la partie concernant les deux pesticides en question avait été censurée par la Conseil constitutionnel mais cela n’empêche pas Monsieur Duplomb, agent des lobbys phytosanitaires et de la FNSEA de revenir à la charge.
Il va ainsi à l’encontre de toutes les recommandations scientifiques et sert les intérêts d’un modèle intensif et industriel à bout de souffle. Un modèle qui détruit la santé des agriculteurs et agricultrices, des habitants et habitantes des zones rurales et notamment des enfants, souille nos sols, notre eau et tue nos insectes et nos animaux.
L’acétamipride a été interdit pour une bonne raison. Dès 2018, un rapport de l’autorité européenne de sécurité des aliments, l’EFSA, établit le danger des NNI pour les pollinisateurs. Et les dangers pour la santé humaine existent également : ces substances sont reprotoxiques, c’est-à-dire, toxiques pour la reproduction (effet sur la fertilité, l’allaitement, le développement du fœtus). Cela pourrait aussi avoir des effets sur les reins, la thyroïde, le foie etc… Ce sont aussi des effets à plus court terme que l’on peut observer et qui témoignent de l’extrême toxicité de ces produits. Les agriculteurs relatent notamment des vomissements, des migraines, des allergies ou des gênes respiratoires.
J’ai assisté à un rassemblement associatif et citoyen devant l’Assemblée nationale le 11 mars dernier pour dire non à cette nouvelle loi Duplomb, au cours duquel plusieurs victimes des pesticides ont témoigné. Sabine Grataloup, citoyenne iséroise que j’ai soutenu à plusieurs reprises dans ses actions judiciaires, nous a livré l’histoire bouleversante et alarmante de son fils Théo, souffrant de nombreuses malformations depuis sa naissance, attribuées à une exposition au glyphosate de sa mère pendant la grossesse. Les différents témoignages sont poignants, les effets sont réels, et les conséquences nocives voire mortelles des pesticides ne sont plus à prouver. Entre 2020 et 2023, ce sont 1793 personnes en France qui ont été indemnisées car reconnues comme victimes des pesticides. Nos vies ne peuvent être mises en danger au profit d’intérêts privés et de certains lobbyistes.
Ce sont aussi nos terres, notre eau et nos pollinisateurs qui sont touchés par ces substances dévastatrices, sous prétexte de meilleurs rendements bénéficiant en réalité à une minorité d’exploitants agricoles.
Pour notre santé, pour nos vies, pour l’agriculture, il est urgent de dire stop !
Contre cette proposition de loi, une nouvelle pétition a été lancée sur le site de l’Assemblée nationale. Je l’ai partagé à plusieurs reprises ce mois-ci et elle a déjà récolté plus de 340 000 signatures sur les 500 000 nécessaires ! Pour notre avenir, pour nos enfants, pour notre santé, pour notre planète, je vous invite à la signer. Au Sénat, je continuerai à combattre ces mesures mortifères, pour notre avenir et celui de nos enfants.
