Le 30 janvier dernier, j’ai exercé mon droit de visite parlementaire des lieux de privation de liberté à la prison de Saint-Quentin-Fallavier.

Cette visite faisait notamment suite à la violente agression d’une surveillante pénitentiaire le 25 janvier dernier par un détenu souffrant de troubles psychiatriques.

Cette prison, construite en 1992, atteint aujourd’hui un taux de surpopulation carcérale de 222%.

Plus de 90 personnes dorment sur des matelas au sol, avec 2 ou 3 co-détenus dans des cellules allant de 9 à 12m2. Pourtant, le Comité de prévention de la torture (CPT) du Conseil de l’Europe préconise minimum 4 m2 par personne dans une cellule collective et 6 m2 minimum par personne dans une cellule individuelle.

Nous sommes ici loin du compte.

Lors de cette visite, j’ai pu échanger avec le directeur Jérôme Chareyron ainsi qu’avec plusieurs personnels de l’administration pénitentiaire et les organisations syndicales UFAP-UNSA justice et FO Justice, notamment sur les conditions de détentions des détenus et sur les conditions de travail des agent-es de l’administration pénitentiaire.

Le constat est accablant :

➡️Surpopulation carcérale à un niveau jamais atteint auparavant

➡️Insuffisance de moyens, de soins et d’accompagnement pour les détenus souffrant de troubles psychiatriques sévères depuis la fermeture de lits de psychiatries notamment.

➡️Manque de personnels par rapport aux nombres de détenus et à l’augmentation des missions confiées à l’administration pénitentiaire (12 personnels sont manquants, plusieurs en arrêt maladies ou en mise à disposition ne sont pas remplacé-es)

➡️difficulté à pérenniser les équipes

➡️Vidéosurveillance obsolète dans plusieurs zones de la prison et manque de budget pour la restaurer

➡️Toiture et système anti-drones à rénover

Au quotidien, les équipes de l’administration pénitentiaire peuvent s’appuyer sur des détenus soutiens, formés en santé mentale et à la prévention du suicide.

Plusieurs activités sont proposés aux détenus: sports, atelier d’écriture, cours scolaires…

La préparation à la sortie et à l’insertion professionnelle est également travaillée avec les conseillers d’insertion et de probations.

Dans cet établissement pénitentiaire, 71 détenus travaillent dans les ateliers que j’ai pu visiter (rénovation de lunettes, tri de balles de golf, tri d’archives médicales, conditionnement de cosmétiques…) et 80 détenus travaillent à l’entretien de la prison dans les étages (cuisine, ménage, travaux de rénovation, entretien des espaces verts…).

A leur sortie, de nombreux détenus décrochent des CDI auprès des entreprises pour lesquelles ils ont pu travailler en prison.

Depuis l’année dernière, les ateliers intègrent également un espace de travail adapté pour 8 personnes en situation de handicap.

La direction souhaite prochainement mettre en place une activité agricole de maraîchage sur un terrain de foot non utilisé et créer un ESAT dans les ateliers.

En complément, 4 formations diplomantes (BTP, nettoyage, CASES, Espaces verts) sont proposés aux détenus et une cinquième devraient bientôt voir le jour.

Face à une demande élevé de travail, la direction et les équipes déplorent le manque de places et la difficulté d’attirer les entreprises.

Suite à cette visite, j’ai alerté le ministre de la justice sur les conditions de détention indignes des personnes détenues et les conditions de travail impossibles des personnels.