Voilà maintenant 10 ans qu’existent les Territoires Zéro Chômeur de Longue Durée (TZCLD), élargis depuis 2021 à de nouveaux territoires, comme dans le Trièves et à Echirolles, en Isère. Ce dispositif expérimentatl repose sur un principe simple : proposer un emploi aux chômeurs de longue durée qui le souhaitent (et ils sont très nombreux dans ce cas), payé au SMIC et ouvrant le droit à des formations.

L’objectif : leur remettre un pied dans l’emploi, les former, améliorer leurs revenus et leur confiance en eux, tout en répondant à des besoins économiques non satisfaits localement. C’est là qu’arrive l’aspect local : les activités retenues sont définies par les collectivités, les chômeurs, les syndicats et le patronat local, afin de répondre à des besoins et de ne pas empiéter sur le périmètre du secteur public ou privé. Si l’Etat finance ce dispositif, il en ressort au final bénéficiaire, évitant le versement de certaines allocations, percevant des cotisations supplémentaires et surtout en évitant des pathologies liées au chômage de longue durée.

Bref, il s’agit là d’une très belle réussite, qui a déjà redonné de l’emploi à 4500 personnes dans notre pays et dont le succès est salué par tout le monde. Ainsi, la loi visant à prolonger à nouveau les TZCLD a été une nouvelle fois adopté à l’unanimité à l’Assemblée nationale.

Pourtant, de manière incompréhensible, la majorité sénatoriale de droite entrave la pérennisation du dispositif pour des calculs de boutiquiers. Alors que la pérennisation doit impérativement être adoptée d’ici au 31 décembre 2026 et que le calendrier parlementaire est déjà très chargé, le Sénat a joué la montre pendant des mois. Finalement, le texte a enfin été étudié ce 9 juin. Mais la droite sénatoriale a refusé un vote conforme à celui de l’Assemblée nationale, alors même que le dispositif a fait ses preuves, ce qui implique une nouvelle lecture à l’Assemblée…

Pire encore, lors de l’examen au Sénat, la droite a ajouté la possibilité de désengagement des Départements, une aberration, qui menace la pérennité de financements pourtant engagés et fragilise considérablement le dispositif. Les départements sont pourtant chefs de file sur les politiques de réinsertion. De plus, ce n’est pas en leur permettant de retirer leurs financements, dont les montants restent faibles, que la situation financière très fragile des départements s’améliorera. Leur manque de moyens est d’ailleurs le résultat direct des budgets votés jusque là par la droite !

Lors de la séance, je suis donc intervenu pour dénoncer l’absurdité de cette situation et l’incertitude qu’elle génère auprès de ceux qui oeuvrent pour le droit à l’emploi.