J’ai participé ce matin, avec d’autres collègues parlementaires, à un échange avec Marie-Ange Debon, PDG de La Poste, au Musée postal de Paris. J’ai profité de cette occasion pour relayer les nombreuses inquiétudes des élu.es et des usager.ères, à la suite des révélations de la presse concernant le projet de transformation de 441 bureaux de poste en agences postales communales ou en relais-poste chez des commerçants, d’ici à la fin de 2027.
S’ajoutant à la disparition de nombreuses boîtes aux lettres (7 en moins chaque jour depuis 2018), cette transformation de la présence de la Poste dans les territoires signifie une dégradation du service pour les usager.ères. Les agences postales communales et les relais commerçants ne permettent ainsi que des opérations très simples et pas les services bancaires. La Poste a pourtant une mission de service public bancaire et nombre de ses client.es sont des personnes en difficulté, y compris avec les outils digitaux censés pallier ce désengagement physique.
Par ailleurs, les agences postales communales correspondent à un transfert de charges financières de la Poste vers les communes. La première verse en effet une part de la paie des agents communaux chargés d’effectuer ces missions, tandis que les secondes doivent financer le reste. Alors que de nombreuses communes sont déjà en grande difficulté financière et que cette mission ne relève pas de leurs obligations légales, elles s’engagent souvent malgré tout à prendre en charge ces frais afin d’assurer le maintien d’une présence postale réclamée par les habitant.es.
Durant cette réunion, nous avons été plusieurs parlementaires à demander une véritable transparence sur ce que souhaite réellement faire La Poste, et à réaffirmer la nécessité de réinstaurer un dialogue de confiance avec les élu.es. Plusieurs bureaux de poste ruraux sont concernés mais aussi des bureaux situés en zone urbaine. C’est notamment le cas à Grenoble, avec quatre points concernés, ou encore à Tencin, Froges et Saint-Jean-d’Hérans.
Enfin, j’ai aussi utilisé cette occasion pour mentionner la situation sociale au sein de la Poste, avec des pratiques illégales que j’avais déjà dénoncé dans une question au gouvernement en 2024.
Cette situation est évidemment le fruit de choix politiques, notamment budgétaires, puisque l’État ne compense qu’à peine la moitié du coût des missions de service public effectuées par le groupe. Les prochains débats sur le projet de loi de finances seront l’occasion d’infléchir, ou non, cette politique de destruction des services publics. Ces décisions, le plus souvent prises en ignorant, voire en méprisant les élu.es, ne font qu’accentuer le sentiment d’abandon.
Crédit image en une : Frédéric Bisson
