Depuis plusieurs mois, les usines de raffinage de silicium et de ferro-alliages du groupe Ferroglobe tournent au ralenti, voire pas du tout. Parmi les 6 sites de ce groupe en France, trois sont situées dans les Alpes (Livet-et-Gavet en Isère, Montrichet en Savoie et Anglefort dans l’Ain), en raison de la proximité historique avec des installations hydroélectriques dans ces vallées, qui permet d’alimenter ces installations énergivores en électricité. Par ailleurs, ces usines sont un maillon essentiel du tissu industriel : indispensable pour nos panneaux solaires, pour la micro-électronique, la fabrication de silicones ou encore en alliages avec l’aluminium, le silicium est clairement un matériau d’avenir.

Pour toutes ces raisons, je suis donc avec attention la situation de Ferroglobe depuis ma première élection en 2017. De 2019 à 2021, la situation était déjà critique en raison de prix particulièrement bas du silicium sur les marchés internationaux. J’avais alors participé à plusieurs mobilisations des salariés et des syndicats, demandé une nationalisation temporaire et interpellé le Premier ministre Jean Castex sur le sujet. Au terme de cette période, l’usine de Château-Feuillet en Savoie a malheureusement été fermée, mais celle des Clavaux (Livet-et-Gavet) en Isère a été sauvée.

Si les commandes ont ensuite repris pendant quelques années, la situation est à nouveau extrêmement compliquée pour les producteurs européens de silicium, marqué par un dumping des producteurs chinois qui pratiquent des prix défiant toute concurrence. Les commandes se sont donc raréfiées pour Ferroglobe. L’usine savoyarde est à l’arrêt depuis l’automne 2025 et celle dans l’Isère a connu six mois de chômage technique entre 2025 et 2026. Si une petite commande lui permet de fonctionner jusqu’à la fin 2026, la poursuite de l’activité est incertaine. Les fournisseurs ne sont plus payés et menacent de cesser les livraisons. La situation pour les salariés est de plus en plus désespérée alors que le chômage s’allonge dans le temps et la crainte que certains équipements aient du mal à redémarrer après de si longs arrêts est réelle.

Depuis plusieurs mois, je me mobilise donc dans un cadre transpartisan avec les parlementaires de Savoie et de l’Ain pour sortir de cette situation. Avec nos collègues au Parlement européen, nous ne cessons de demander une réaction beaucoup plus rapide de la Commission européenne pour mettre en œuvre des mesures anti-dumping à effet rétroactif. C’est en effet le seul moyen de protéger notre industrie contre la concurrence déloyale de la Chine. Mais le dossier traine considérablement et le commissaire européen Maroš Šefčovič refuse de réagir, malgré nos demandes répétées.

En contact régulier avec les salariés de Ferroglobe, je partage leur exaspération face à cet abandon, alors que la solution est évidente et peut être mise en place rapidement. J’ai également participé à un échange au Ministère de l’économie et des finances avec le ministre de l’Industrie Sébastien Martin, les représentants des salariés et la direction de Ferroglobe le 28 septembre. Tout le monde était d’accord, y compris le gouvernement, pour rappeler l’importance du dossier. Il nous faut à présent faire pression sur la Commission européenne pour débloquer au plus vite la situation. Je me mobiliserai pleinement en ce sens dans les prochaines semaines.