Avec mon collègue Jérémie Iordanoff, député de l’Isère et Fabienne Grébert, conseillère régionale, nous nous sommes rendu-es le 9 octobre dernier sur le tracé de la future autoroute A412 en Haute-Savoie, dans le secteur de Bons-en-Chablais. Accompagné-es de journalistes, de militant-es et d’habitant-es, nous avons pu constater les impacts environnementaux hors normes sur le territoire de ce projet totalement aberrant.
Il s’agit d’un projet à plus de 750 millions d’euros pour 16,5 kilomètres d’autoroute qui détruira 70 hectares de terres agricoles, 25 fermes présentes sur le tracé et qui aura pour conséquence la perte de 100.000 reblochons par an!
Alors que les canicules s’intensifient et que la ressource en eau se raréfie, l’Etat autorise, soutient et finance la destruction d’environ 200 hectares d’espaces naturels en Haute-Savoie parmi lesquels des forêts centenaires, des zones humides, des zones refuges de biodiversité. C’est un non sens absolu.
Par ailleurs, il s’agit d’un projet au service d’intérêts privés au détriment de l’intérêt public. En effet, cette autoroute a pour but de faciliter les trajets des camions de l’entreprise Danone, située tout proche du tracé, et une concession privée a été conclue pour une durée de 55 ans, avec un coût du péage estimé entre 8 et 10 euros.
Sur place, nous avons également assisté à la mise en danger de la vie de plusieurs personnes défendant les zones naturelles présentes sur les chantiers et avons constaté de nombreuses irrégularités (défaut de sécurisation du chantier, non-respect des prescriptions de l’autorisation environnementale délivrée par le Préfet…).
Suite à mon déplacement, j’ai interpellé le Préfet de Hautes-Savoie ainsi que le Procureur de la République de Thonons-les-Bains. Les deux courriers que je leur ai adressés sont à ce jour restés sans réponse.
Je continuerai à me mobiliser pour dénoncer ce projet destructeur et inutile, alors que d’autres solutions permettant de fluidifier la mobilité existent notamment l’investissement massif dans les liaisons ferroviaires, les transports publics, le développement de mobilités alternatives et le travail sur les routes déjà existantes.
