Un travail pour permettre de sortir des réseaux de prostitution : Solenciel fête ses un an
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Jeudi 11 octobre, l’association Solenciel fêtait sa première bougie, autour d’une table ronde à laquelle j’étais convié aux côtés du procureur général de la Cour d’Appel de Grenoble Jacques Dallest.

Concrètement, Solenciel est une nouvelle association loi 1901, à but non lucratif, qui propose à des personnes en situation de prostitution, un contrat de travail pérenne (CDI de 26 heures par semaine) pour réaliser des prestations de nettoyage sur l’agglomération grenobloise, dans les commerces, bureaux, collectivités, copropriétés, et sur les fins de chantier ou avant l’arrivée d’un nouvel occupant dans un logement. Ils sont d’ailleurs en charge de l’entretien de ma permanence parlementaire depuis presque un an.

Depuis la loi du 13 mars 2016 sur la pénalisation des clients le bilan sur le terrain est très mitigé. Le volet répressif de la loi aurait entraîné une plus grande clandestinité et dangerosité des conditions de travail.  Le volet social de la loi qui prévoyait un accompagnement personnalisé pour sortir des réseaux de prostitution s’avère inefficace, faute de moyens.

Loin des 20 millions d’euros initialement promis par Najat Vallaud-Belkacem, le budget alloué à cet accompagnement a finalement été de 6,8 millions d’euros. Avant d’être revu à la baisse en novembre 2017, pour chuter à 5 millions. Une diminution que le cabinet de Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes, a justifié par une révision à la baisse du nombre de personnes qui seraient finalement accompagnées.

Par ailleurs, les décrets d’application ont été très tardifs pour cet accompagnement personnalisé. Ce n’est qu’en octobre 2017, plus d’un an et demi après la promulgation de la loi, que les premières aides ont été accordées.

De plus les conditions d’accès à ce « parcours de sortie » se révèlent plutôt drastiques. L’aide proposée n’est que de 330 euros par mois, il est exigé de la personne qu’elle justifie de l’arrêt définitif de son activité. La transition étant souvent délicate en l’absence de ressources financières suffisante.