Non à la privatisation des barrages
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Manifester contre  la privatisation des barrages, c’est s’opposer comme pour les autoroutes à ce que nos biens publics deviennent des monopoles privés.

Actuellement, les barrages français appartiennent à l’État et sont exploités à 80% par EDF : une position dominante jugée comme irrégulière par la Commission européenne. Elle demande leur ouverture à la concurrence. Sur les 433 concessions gérées par EDF, 150 pourraient être ouvertes à la privatisation d’ici quatre ans.

Or, une privatisation des barrages représente un danger à plusieurs titres. Elle reviendrait, tout d’abord, à placer le Gouvernement comme les collectivités sous la pression de leurs nouveaux propriétaires. Avec, en prime, le risque de hausse des tarifs, comme cela a été le cas pour l’électricité, en augmentation incessante, depuis l’ouverture du marché, pour satisfaire la concurrence au mépris des usagers et des citoyens.

Mobilisé samedi 15 juin au barrage de Saint-Egrève aux côtés de plusieurs élus locaux et nationaux comme Eric Piolle, maire de Grenoble, mais aussi Delphine Batho, Marie-Noëlle Battistel, députées. Plusieurs collectifs tels que « Ne nous laissons pas tondres », « Sauvons nos barrages », « les Amis de la Terre », « citoyens pour le Climat Grenoble », « Alternatiba », « ANV COP21 », « Marche pour le Climat », « ATTAC », « CADTM », des syndicats comme CGT Energie, Sud Energie, CFDT Chimie Energie, CFE GE Alstom, UD CGT Isère, UD Solidaires Isère, Solidaires Météo-France et CGT GE Alstom mais aussi les Gilets Jaunes de l’Isère étaient également présents pour dénoncer cette politique d’abandon de nos biens communs.

La privatisation des barrages est une opération aberrante et dangereuse, pour des raisons sociales, environnementales, politiques et aussi pour les dangers que cela pourrait faire peser sur les populations.  Un manque de sécurité peut emmener à la rupture du barrage. Or les barrages tels que celui de Saint-Egrève ou de Monteynard pourraient causer d’importants sur le plan humain et matériel. EDF investit 400 millions d’euros par an dans l’entretien et le renforcement de ses barrages, aucune garantie n’est apportée aujourd’hui sur le maintien de ces investissements par d’autres opérateurs privés.

L’exploitation des ouvrages hydrauliques par le secteur public a, depuis plusieurs décennies, démontré le sérieux et la cohérence dans la gestion de cet outil industriel majeur. Les barrages hydroélectriques ont une importance capitale dans l’équilibre du système électrique car c’est une des seules énergies stockables à grandes échelle, pouvant démarrer en quelques minutes.

Pour toutes ces raisons, la mobilisation contre l’ouverture à la concurrence doit se poursuivre et nous devons continuer à nous opposer à cette logique aberrante comme le font déjà plusieurs pays européens.