Visite du chantier de Gavet avec le comité Sénatorial
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J’ai visité le mois dernier, accompagné d’une délégation de mon comité
sénatorial regroupant EELV, PCF et Génération.s, le chantier de l’usine
de Gavet, et remonté la vallée de la Romanche avec un arrêt au nouveau
barrage de Livet.

Il y a un an, ma première intervention en tant que Sénateur de
l’Isère, portait contre la suppression de 345 des 800 emplois du site
grenoblois de GE Hydro, spécialisé dans la conception et la fabrication
de turbines pour les barrages.

Avec 16 % de la production électrique mondiale, l’hydroélectricité
constitue la troisième source de production électrique et la deuxième
française. D’ici 2025, la croissance prévisionnelle du secteur dépasse
les 20 %. Selon les estimations (Andritz, Agence internationale de
l’énergie) entre 1/4 et 1/3 seulement du potentiel hydraulique mondial
est exploité aujourd’hui. De fait, le développement de
l’hydroélectricité dans le monde est en croissance constante pour des
raisons objectives : c’est le mode de production électrique le plus
compétitif et le plus durable.

En effet, l’hydroélectricité est un levier essentiel de la transition
énergétique. C’est la première énergie renouvelable en France comme dans
le monde, seule énergie renouvelable stockable en l’état actuel de la
recherche. Composante essentielle du mix énergétique grâce à la
stabilité et la flexibilité de son réseau, l’hydroélectricité permet
d’éviter chaque année l’émission de plus de 3 milliards de tonnes de
CO2.  Elle est le complément idéal du développement rapide des énergies
renouvelables, pouvant être source d’appoint comme de stockage. Elle
peut donc contribuer fortement à atteindre l’objectif français de
rééquilibrage du mix énergétique et de baisse régulière de la part du
nucléaire.

  En revanche, de manière toujours plus incompréhensible, le Gouvernement
a décidé de faire du zèle sur le dossier de l’ouverture à la concurrence
des concessions hydroélectriques. Ainsi, à la suite de la mise en
demeure de la France par la Commission européenne en 2015, le
Gouvernement a annoncé en février réfléchir à l’ouverture à la
concurrence du secteur hydroélectrique. Ce renoncement coupable face aux
injonctions de la Commission traduit bien la philosophie néolibérale qui
guide l’action de votre gouvernement, alors même que les deux présidents
de la République précédents n’avaient pas cédé sur ce dossier.

Cette décision est d’autant plus absurde, que contrairement aux dires de
la Commission, le marché électrique français en général, et le secteur
hydraulique en particulier, est déjà ouvert à la concurrence.

EDF est un partenaire incontournable. Avec la privatisations des
barrages c’est le risque de perdre avec la concurrence le sens du
service public, l’ancrage territoriale, c’est un gâchis au regard des
investissements réalisés. Nous disposons d’un savoir faire français et
d’une expertise exceptionnelle que nous devons impérativement préserver.